Un caillou de Montvalezan ?

 

Oui et c’est un conglomérat.

Le conglomérat ressemble à du béton dans lequel on voit des graviers liés par un ciment.

Les graviers et les galets du conglomérat proviennent de la destruction par érosion de roches préexistantes. Ici ils sont en général clairs et beaucoup sont faits de quartz, minéral très dur. Et ce qui les lie entre eux ce sont les produits les plus fins de la désagrégation qui constitue la matrice de la roche.

La base du mur de la maison comporte un gros bloc de conglomérat dont les galets ont la taille du poing.

Et la photo montre de plus des petits plis qui témoignent d’une forte déformation de la roche.

Conglomérat à gros galets, très déformé.

Conglomérat à gros galets, très déformé.

Lorsque les graviers ne dépassent pas 2 mm, la roche s’appelle un grès. Et point de petits plis ici mais on voit un débit très fin qui n’est pas forcément parallèle à l’alignement des grains.

Ce débit est appelé la schistosité.

Comme les plis, la schistosité est liée à la déformation de la roche.

Partie du mur des Ecombelles fait de blocs de grès.

Partie du mur des Ecombelles fait de blocs de grès.

Et si le grain de la roche est vraiment très fin, de l’ordre du micron (1/1000è de mm), donc invisible à l’œil nu, la roche s’appelle un schiste. Le grain est fait de minéraux en feuillets dérivés des argiles. Ici c’est la schistosité qui caractérise la roche. Les ardoises et les lauzes des toits des maisons ne sont à Montvalezan que des schistes de grande extension.

Les ardoises ont un débit bien parallèle et peuvent s’utiliser en étant peu épaisses ; les lauzes en revanche sont moins régulières de sorte qu’un échantillon de lauze doit être épais pour n’être pas cassant.

Ancien toit du gîte des Ecombelles couvert de lauzes ou ardoises épaisses.

Ancien toit du gîte des Ecombelles couvert de lauzes ou ardoises épaisses.

En définitive, ces trois cailloux représentatifs des roches du substrat de Montvalezan, et exposés sur le présentoir du gîte, appartiennent à la même famille, les roches sédimentaires détritiques, c’est-à-dire formées à la surface de la terre, généralement dans un milieu aquatique, rivière, lac ou mer et résultant de l’érosion des reliefs qui préexistaient.

Les plis et la schistosité sont intervenus bien après, pendant l’édification de la chaine des Alpes. On retrouve cela sur la carte géologique du secteur (feuille Sainte-Foy-tarentaise)

A Montvalezan, passer un peu de temps à examiner les cailloux extraits des champs ou déposés dans les murgers permet de retrouver ces trois types de roches.

Et le chalet des Ecombelles les montre aussi : l’escalier d’accès s’appuie sur un conglomérat à gros galets ; les murs ont été édifiés essentiellement avec des grès et l’ancien toit était couvert de lauzes.

On démontre, s’il le fallait, que les montvalezanais ont fait un ingénieux usage de ces matériaux  pour construire leurs maisons.