Les débuts du tourisme dans les Alpes

Faire du tourisme à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle signifiait partir sans disposer de documents cartographiques précis : point de cartes routières détaillées et en couleur, point d’écrans connectés pour suivre un itinéraire et point de GPS pour retrouver un édifice intéressant.

Pour susciter le voyage et renseigner le touriste, certains syndicats d’initiative (S.I.) éditaient des fascicules sur lesquels la représentation des routes se faisaient à l’aide de graphiques. Ces graphiques constituaient « le moyen le plus simple et le plus pratique de fournir aux touristes les renseignements qui leurs étaient nécessaires ».

Ainsi, en 1897 puis en 1906, sous les auspices du Syndicat d’Initiative de la Savoie, Chambéry-Aix Les Bains et sous le patronage - et avec le concours - du Touring Club de France, H. Dolin publie « Les Alpes françaises » en deux volumes plus une carte dans lesquels on retrouve « les profils des pentes des routes et cols, à l’échelle du 1/200.000e, du Jura à la Méditerranée à l’usage des cyclistes, voituristes et alpinistes ».

D’après l’auteur, le 200 000e de la carte du Ministère de la Guerre est choisi pour sa simplicité de consultation. Les deux volumes et la carte valaient 2 francs de l’époque soit environ 7 euros actuels. On pouvait les acquérir aux bureaux des S. I. évidemment mais aussi au Touring Club de France ainsi « qu’Aux vélos et automobiles clubs ».

Syndicats d’initiative et Touring Club de France furent créés précisément à la fin du XIXe, les premiers S.I. dans les Alpes, à Grenoble le 2 mai 1889 puis à Annecy le 4 février 1895 et le Touring Club le 26 janvier 1890, par un groupe de vélocipédistes.

Cette dernière association fut dissoute en 1983. Quant aux offices de tourisme, ils naquirent au début du XXe. L’actuel Office de Tourisme de La Rosière (info@larosiere.net), est à même de fournir tous les renseignements nécessaires au touristes séjournant dans notre région.

En 1906, la représentation du parcours de Séez en France jusqu’à La Thuile d’Aoste en Italie par le col du Petit Saint Bernard se fait donc sous la forme d’un profil observable sur la photo ci-dessus.

On y voit clairement l’allure de la pente de la route, plus régulière en France qu’en Italie ainsi que les indications kilométriques, avec comme point de départ le Pont Royal à la confluence Arc-Isère, à l’aval d’Albertville. Un schéma simplifié de la forme de la route accompagne le profil de même que l’analyse des variations de la pente à l’aide d’une échelle de valeurs comprises entre 0 et 10. 3/5 puis 6/7, signifient que la pente varie d’abord de 3 à 5% puis de 6 à 7%...

On notera enfin qu’en 1906, la frontière est située non pas à la ligne de crête mais à l’aval de la crête, coté français. Vanité de la frontière !