Un tonneau percé à la porte d’entrée du gîte ?

Non ce n’est pas un tonneau, c’est une baratte à beurre !

Nous l’avons utilisée jusque dans les années 60 pour fabriquer notre beurre.
Comme la plupart des barattes de l’époque, elle ressemble à un tonneau allongé, tronconique, avec ses lames de bois retenues par des cerceaux de noisetier ou métalliques.

Haute de 1 m environ sur un peu plus de 20 cm de diamètre, elle comporte un couvercle percé où passait le manche de la batte, ou battoir ou encore pilon.

Cette batte qui manque ici, est un long bâton de 1,50 à 2 m de long terminé sur l’une des ses extrémités par un disque en bois appelé le volant, lequel étaient percés de 6 à 8 trous. Le beurre était obtenu en battant la crème du lait dans la baratte, de haut en bas, à l’aide de la batte : chacun des mouvements vers le bas comprimait la crème et l’éjectait vers le haut, chaque mouvement vers le haut obligeait la crème à descendre, un tri s’opérait ainsi entre liquide et solide.


Dans le détail, on procédait en plusieurs étapes :

D’abord on remisait dans une cave, au frais, le lait de la traite du soir. En refroidissant pendant la nuit, la crème s’extrayait du lait et remontait en surface ;
Ensuite, le matin, on écrémait le lait à l’aide d’une louche plate et l’on déversait la crème dans la baratte.

Puis on barattait régulièrement la crème du haut vers le bas à l’aide de la batte et de son volant pendant une demi-heure environ. Les enfants ou bien la maman étaient les maîtres d’œuvre de cette opération. L’agitation par battage conduisait à une nouvelle séparation, celle des globules de beurre d’avec le petit lait ou sérum lacté.

 

Enfin, on améliorait cette séparation à la main en malaxant le beurre obtenu. En effet, il fallait extraire le plus possible de petit lait du beurre. Une fois lavé à l’eau claire, le beurre, plutôt jaune, était tassé dans des moules en bois de poirier, à charnière, donc démontables et souvent sculptés de motifs en creux liés à la nature.

 


La précieuse motte de beurre était alors soigneusement stockée sur une étagère à la cave, c’est-à-dire dans une cavité souterraine profonde hémisphérique parfois creusée latéralement à la maison.

En définitive, le lait de nos vaches permettait d’obtenir du lait partiellement écrémé, du beurre puis du petit lait. Les deux premiers étaient utilisés dans la consommation courante de la famille, le dernier était ou bien transformé en sérac, fromage très pauvre en matières grasses ou bien mélangé à la nourriture des cochons que l’on élevait.

Nous vous proposerons une recette au sérac prochainement. Pour mieux connaitre nos produits laitiers, tentez le quizz sur les fromages du lait de nos vaches.